J’étais assis sur mon confortable siège dans le train allant au “Suisse” quand il traversa un endroit fascinant. Le crépuscule du soir rendait l’eau de la rivière couleur de rose. Les arbres étaient chargés de rossignols qui se répondaient de l’un à autre.
La terre était criblée de toute sortes de fleurs : marguerites, anémones, narcisses… Et de loin, paraissaient des montagnes couvertes du vert avec des sommets blanche-neige.
Le train s’arrêta pour quelques minutes dans une station.
Je m’avais été dans dans cet état de contemplation quand elle fut comme une apparition surprenante.
C’était une jeune fille dans la fleur de l’âge. Elle était d’un brillant que je n’avais jamais vu. Son charme surpassait tous ce qu’on peuvent décrire. C’était un air si fin, si doux, si engageant, l’air de l’amour même. Toute sa figure me parut un enchantement.
Il n’y avait dans ce wagon que sept personnes, elle était assise, seule. Alors, je semblais me promener dans le couloir mais en vérité, je regardai ses cheveux lisses et blonds qui se jettèrent sur ses épaules.
Je m’assis en face d’elle et sans intention, mes yeux se rencontrèrent avec ces charmants yeux vert-miel. Ses sourcils épais, réguliers comme s’ils étaient artificiels rendant profonds et tendres ses yeux vert-miel dont le blanc semblait être un peu teint de bleu. Gloire à Dieu !
Je baissais la tête, en refléchissant à ce charme langoureux de ces yeux qui faisait croire à la profondeur de la pensée et donnait de l’importance au moindre parole.
J’admirais une autre fois la lueur au profond de ces yeux qui laissait penser que cette fille n’avait à son intérieur que l’amour et la bonté à l’égard du monde. Son nez était tout petit.
Je changeai de place _cette fois_ à côté d’elle et j’essayai de parler avec elle.
Elle me dit avec une voix si suave qu’elle s’appelait “Maryem”. Elle était d’origine arabe. Sa bouche se dessinait comme une grappe. Ses lévres rouge-vif m’attiraient l’attention. Elle remarqua ma fascination à son égard. Sa rire ressemblait à la musique douce.
Jamais je n’avais vu cette splendeur de peau, la séduction de sa taille, ni cette finesse des doigts que la lumière traversait. Ses deux mains étaient séduisantes.
“Maryem” paraissait timide, gentille, bien élevée, intelligente, clémente, indulgente et patiente.
Enfin, je décidai de lui avouer ce que j’éprouvais à son égard, mais le train arriva à destination.
C’était, donc, la première et la dernière fois que je la vis.
Ah ! Quelle rencontre était avec “Maryem” !